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histoire du bâtiment

L'histoire des bâtiments qui constituent aujourd'hui le musée est assez bien connue, grâce à l'existence de documents d'archives et à des fouilles archéologiques.

En 1303, Guido Dalbant est propriétaire d’une parcelle sur les pentes de la colline de Fourvière, qui s’étend de la rue Saint-Jean à la montée Saint-Barthélémy. En 1371, Pierre de Pompière y possède une maison, des dépendances et un curtil ou jardin (sans doute une zone agricole assez pentue).

En 1492, Amédée de Pierrevive achète une maison avec cour et deux curtilia, probablement un verger et un potager. L’arrivée des Pierrevive, puissante famille, originaire de Chieri en Italie modifie le parcellaire. Les terrasses du jardin sont aménagées dans les années 1493-1520. En 1502, la montée du Garillan est percée dans la propriété du sieur Bleterens de Rivoyre qui possède la "Grant-Cour". Le tracé irrégulier du chemin est dû à la présence d’un jardin clos, racheté par les Pierrevive entre 1502 et 1511 pour y édifier un nouvel édifice.

En 1537, Charles de Pierrevive, trésorier général de François Ier, général des terres et finances de Catherine de Médicis, transfère ses droits sur son frère Antoine. Ce dernier loue l’actuel 10-12 rue de Gadagne à Thomas II Gadagne dit "le Magnifique" qui l’occupera jusqu’à sa mort en 1542. Guillaume et Thomas III, ses héritiers reprennent le bail. Marie-Catherine Gondi rejoint la Cour, à Paris, en 1545. C’est alors semble-t-il qu’Antoine de Pierrevive cède à Guillaume et Thomas III sa maison .

Entre 1545 et 1550, les Gadagne engagent de gros travaux. Ils font édifier l’aile nord et l’escalier qui mène au jardin. Ce principe de modifications d’hôtels urbains anciens par les Italiens est décrit par Sorenzo dans un manuscrit conservé à la bibliothèque Correr à Venise "Il y a bien de belles habitations fort bonnes, dans lesquelles habitent des marchands, mais elles ont été réparées et rapiécées par eux-mêmes, des Italiens, Florentins et Lucquois en grande partie."

Les guerres de religion et la dissociation entre la banque et le commerce entraînent la faillite de certaines banques expliquant ainsi un grand mouvement de propriétés . C’est en 1581 que Guglielmo Ricci achète à Thomas III le 10-12 rue de Gadagne. Tandis que la parcelle du 14 est habitée par M. de La Guiche, gouverneur de Lyon, en 1602-1607. Les changements de propriétaires se multiplient au début du 17e siècle.

En 1650, on perce la rue de Gadagne. En 1655, André Falconnet fait édifier un corps de bâtiment dans un renfoncement du Garillan, contre le mur de soutènement de son jardin. Les écuries se trouvent au-dessous et servent de base à la construction. L’espace restant au nord forme une petite cour intérieure commune aux deux maisons des 10-12 et 14 rue de Gadagne.

Le 19e siècle reste assez méconnu à cause de la multiplication des propriétaires. Le 10-12 rue de Gadagne est acheté par la ville de Lyon, en 1902, pour y installer le musée Gadagne. L’hôtel de Gadagne "...n’était plus à cette époque qu’une vieille demeure rongée par l’humidité et transformée en de multiples taudis. Les façades étaient défigurées par la suppression des meneaux des fenêtres, les galeries murées et percées d’étroites ouvertures, et la cour encombrée de bâtisses en planches." Le 14 est acheté en 1922. Le jardin du 2 bis montée du Garillan ne rentrera dans le patrimoine municipal lyonnais qu’en 1941.

C’est en 1921 que la ville de Lyon a décidé d’acquérir l’immeuble du 8 rue de Gadagne afin de l’affecter à une extension du musée. Pendant de nombreuses année ce bâtiment restera à usage d’habitation et en 1999, la ville de Lyon l’intégrera dans le projet de rénovation globale du musée...

En 1920, l'hôtel de Gadagne a été classé monument historique. Malgré des rénovations ponctuelles, une restauration intégrale s'imposait pour préserver ce bâtiment des dégâts du temps et permettre un nouvel aménagement du musée.
Les travaux, qui ont commencés en 2000, ont été précédés d'une campagne de fouilles et de sondages archéologiques. Ces recherches ont mis à jour des décors peints anciens dans des pièces qui n'avaient jamais été ouvertes au public. Le dégagement et l'analyse de ces décors successifs et l'étude des maçonneries qui les supportent permettront un choix de restauration et une meilleure compréhension de l'architecture.

 

Pour aller plus loin :
La "stratégie d’intervention à la lumière des documents d’archives" présente de rares documents historiques sur le musée Gadagne, et une explication sur la manière dont les archives ont pu servir de base pour le projet de restauration. La "stratégie d’intervention à la lumière des documents d’archives" a été réalisée pour le site "des archives et des hommes" qui expose au travers de 64 parcours une initiation à l’art d’explorer et d’exploiter les archives.

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