musée gadagne

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histoire du musée

histoire du bâtiment
Sur la rive droite de la Saône, dans le quartier du Vieux-Lyon, l'hôtel de Gadagne est un précieux témoin de l'histoire de Lyon. Il a été classé monument historique en 1920. L'acquisition du bâtiment par la ville de Lyon s'est échelonnée de 1902 à 1941.
Les fouilles préalables aux travaux ont démontré l'occupation de son site dès l'époque gallo-romaine, tandis que les recherches d'archives permettent de suivre l'histoire de ses différents propriétaires et de ses transformations.

histoire des collections
Dans un même lieu sont rassemblés le musée d'histoire de Lyon et le musée internationnal de la marionnette. Guignol, création de Laurent Mourguet, un canut sans emploi au début du 19e siècle, fait le lien entre les deux sections.
Les collections du musée se sont constituées au fil des années et forment aujourd’hui un fonds riche et inédit.
Ce fonds est présenté au public de façon permanente ou sous forme d'exposition temporaire. Il est mis à disposition des chercheurs au centre de documentation.

histoire du bâtiment

L'histoire des bâtiments qui constituent aujourd'hui le musée est assez bien connue, grâce à l'existence de documents d'archives et à des fouilles archéologiques.

En 1303, Guido Dalbant est propriétaire d’une parcelle sur les pentes de la colline de Fourvière, qui s’étend de la rue Saint-Jean à la montée Saint-Barthélémy. En 1371, Pierre de Pompière y possède une maison, des dépendances et un curtil ou jardin (sans doute une zone agricole assez pentue).

En 1492, Amédée de Pierrevive achète une maison avec cour et deux curtilia, probablement un verger et un potager. L’arrivée des Pierrevive, puissante famille, originaire de Chieri en Italie modifie le parcellaire. Les terrasses du jardin sont aménagées dans les années 1493-1520. En 1502, la montée du Garillan est percée dans la propriété du sieur Bleterens de Rivoyre qui possède la "Grant-Cour". Le tracé irrégulier du chemin est dû à la présence d’un jardin clos, racheté par les Pierrevive entre 1502 et 1511 pour y édifier un nouvel édifice.

En 1537, Charles de Pierrevive, trésorier général de François Ier, général des terres et finances de Catherine de Médicis, transfère ses droits sur son frère Antoine. Ce dernier loue l’actuel 10-12 rue de Gadagne à Thomas II Gadagne dit "le Magnifique" qui l’occupera jusqu’à sa mort en 1542. Guillaume et Thomas III, ses héritiers reprennent le bail. Marie-Catherine Gondi rejoint la Cour, à Paris, en 1545. C’est alors semble-t-il qu’Antoine de Pierrevive cède à Guillaume et Thomas III sa maison .

Entre 1545 et 1550, les Gadagne engagent de gros travaux. Ils font édifier l’aile nord et l’escalier qui mène au jardin. Ce principe de modifications d’hôtels urbains anciens par les Italiens est décrit par Sorenzo dans un manuscrit conservé à la bibliothèque Correr à Venise "Il y a bien de belles habitations fort bonnes, dans lesquelles habitent des marchands, mais elles ont été réparées et rapiécées par eux-mêmes, des Italiens, Florentins et Lucquois en grande partie."

Les guerres de religion et la dissociation entre la banque et le commerce entraînent la faillite de certaines banques expliquant ainsi un grand mouvement de propriétés . C’est en 1581 que Guglielmo Ricci achète à Thomas III le 10-12 rue de Gadagne. Tandis que la parcelle du 14 est habitée par M. de La Guiche, gouverneur de Lyon, en 1602-1607. Les changements de propriétaires se multiplient au début du 17e siècle.

En 1650, on perce la rue de Gadagne. En 1655, André Falconnet fait édifier un corps de bâtiment dans un renfoncement du Garillan, contre le mur de soutènement de son jardin. Les écuries se trouvent au-dessous et servent de base à la construction. L’espace restant au nord forme une petite cour intérieure commune aux deux maisons des 10-12 et 14 rue de Gadagne.

Le 19e siècle reste assez méconnu à cause de la multiplication des propriétaires. Le 10-12 rue de Gadagne est acheté par la ville de Lyon, en 1902, pour y installer le musée Gadagne. L’hôtel de Gadagne "...n’était plus à cette époque qu’une vieille demeure rongée par l’humidité et transformée en de multiples taudis. Les façades étaient défigurées par la suppression des meneaux des fenêtres, les galeries murées et percées d’étroites ouvertures, et la cour encombrée de bâtisses en planches." Le 14 est acheté en 1922. Le jardin du 2 bis montée du Garillan ne rentrera dans le patrimoine municipal lyonnais qu’en 1941.

C’est en 1921 que la ville de Lyon a décidé d’acquérir l’immeuble du 8 rue de Gadagne afin de l’affecter à une extension du musée. Pendant de nombreuses année ce bâtiment restera à usage d’habitation et en 1999, la ville de Lyon l’intégrera dans le projet de rénovation globale du musée...

En 1920, l'hôtel de Gadagne a été classé monument historique. Malgré des rénovations ponctuelles, une restauration intégrale s'imposait pour préserver ce bâtiment des dégâts du temps et permettre un nouvel aménagement du musée.
Les travaux, qui ont commencés en 2000, ont été précédés d'une campagne de fouilles et de sondages archéologiques. Ces recherches ont mis à jour des décors peints anciens dans des pièces qui n'avaient jamais été ouvertes au public. Le dégagement et l'analyse de ces décors successifs et l'étude des maçonneries qui les supportent permettront un choix de restauration et une meilleure compréhension de l'architecture.

histoire des collections

- le musée d'histoire de Lyon
- Guignol et les marionnettes rejoignent le musée
- les témoins de l'histoire contemporaine

le musée d'histoire de Lyon
Le département historique du musée Gadagne est issu d'un musée plus ancien, installé dans l’Hôtel de Ville, lieu de représentation symbolique de la ville. Avec le Second Empire, le préfet, maire de Lyon, installe bureaux et appartements de l’Empereur dans l’hôtel de ville. Le musée est mis en caisses tandis que se déroulent les grands travaux d’aménagements urbains : percée de la rue impériale et de la rue de l’impératrice, aménagement de la gare Saint-Paul en plein Vieux-Lyon. Ils déclenchent une prise de conscience du patrimoine urbain et amènent la création de la Commission archéologique du Vieux-Lyon en 1898.

En 1902 la ville achète l’hôtel de Gadagne. Le musée devient conservatoire du patrimoine du Vieux-Lyon.

En 1914, le président Herriot charge Félix Desvernay de présenter l’histoire du Vieux-Lyon, au sein de l’exposition internationale urbaine organisée par Tony Garnier, réunissant un nouveau fonds pour le futur musée dont l’aménagement se poursuit. Les dons et legs importants renforcent la collection.
Inauguré en 1920, le musée devient le lieu d’une histoire générale de la ville de Lyon.

Guignol et les marionnettes rejoignent le musée
Dans le cadre de la mise en valeur des Arts et Traditions Populaires au plan national, le musée de la marionnette ne pouvait être localisé qu’au musée historique de Lyon, à cause de la renommée mondiale et du caractère emblématique de Guignol.

Guignol n’est pas seulement une figure historique, symbolique voire emblématique, c’est la création de Laurent Mourguet, un canut sans emploi dans le contexte économique et social post-révolutionnaire. On comprend mieux alors le lien entre cette section et l’histoire de Lyon qui engendre un intéressant croisement des publics.

Outre les personnages de Laurent Mourguet, le musée possédait déjà des marionnettes anglaises et du théâtre de George Sand. Il reçoit des dépôts du musée de l’Homme et des Arts et Traditions populaires. L’ouverture au public a lieu en 1950.

En 1955, cette section s’enrichit de l’exceptionnelle collection de Léopold Dor, éminent juriste et collectionneur. Données à l’État pour être déposées à Lyon, ce sont 1911 pièces dont 600 marionnettes qui entrent au musée Gadagne, en plus des poupées lyonnaises à gaine...

les témoins de l'histoire contemporaine
Le musée Gadagne assume ses missions futures en collectant des documents contemporains, qui représentent l'histoire de la ville aujourd'hui. Ainsi en 1999-2000, il a collaboré avec une entreprise lyonnaise spécialisée dans les teintures afin de sauvegarder des éléments du patrimoine industriel de la région lyonnaise.